La mise au point intervient après l’installation des équipements et avant la réception du bâtiment. Elle représente l’aboutissement opérationnel de tout le travail mené en amont, notamment dans le cadre du commissionnement. Son objectif est clair : s’assurer que les installations fonctionnent conformément aux études, aux calculs et aux exigences contractuelles.
Elle s’articule autour de deux étapes complémentaires.
1. La mise au point « statique »
Cette première phase consiste à vérifier que les équipements posés peuvent être mis en marche dans de bonnes conditions.
Cela comprend notamment :
la vérification du montage des équipements,
le contrôle de l’étanchéité des réseaux,
le contrôle de la maintenabilité des installations,
la validation des organes de régulation (positionnement, matériel, adéquation avec l’analyse fonctionnelle),
les pré-réglages,
la conformité des installations par rapport aux plans et aux spécifications.
Il s’agit d’un contrôle préalable indispensable : sans conformité structurelle, aucun réglage fin ne peut être efficace.
2. La mise au point « dynamique »
La seconde phase consiste à mettre les installations en fonctionnement, à mesurer leurs paramètres et à les régler avec précision :
débits hydrauliques et aérauliques,
pressions,
températures,
équilibrage des réseaux,
réglages des automatismes.
L’équilibrage des réseaux hydrauliques et aérauliques est une tâche fondamentale de cette étape : il garantit une distribution homogène des flux d’air ou d’eau, condition indispensable au confort thermique et à la maîtrise des consommations.
Les vérifications peuvent être systématiques ou réalisées par échantillonnage, selon la criticité des installations et les premiers résultats obtenus. Les mesures sont réalisées à l’aide d’appareils adaptés (mesures hydrauliques, aérauliques, électriques…).
La mise au point dynamique se clôture par la production de documents formalisés, notamment les fiches opératoires de mise au point, qui récapitulent l’ensemble des mesures et réglages. Ces éléments sont intégrés au DOE (Dossier des Ouvrages Exécutés).
Les tâches de mise au point se positionnent ainsi entre la fin des travaux d’installation et la réception du bâtiment. Cette phase constitue le point d’orgue du travail réalisé tout au long du projet pour garantir la qualité finale des installations.
Plus un bâtiment est complexe, plus la mise au point est stratégique.
Dans des environnements fortement réglementés comme les hôpitaux, la précision des réglages est déterminante : qualité d’air, pression différentielle, températures spécifiques… Chaque paramètre peut avoir un impact direct sur la sécurité des usagers.
De même, certains équipements sont particulièrement sensibles. Un centre aquatique, par exemple, nécessite un traitement spécifique de l’eau et de l’air. Le moindre déséquilibre peut générer inconfort, surconsommation énergétique ou dégradation prématurée des équipements, et compromettre le respect des règles sanitaires strictes.
Plus un bâtiment comporte d’installations techniques ou répond à des exigences réglementaires ou énergétiques élevées, plus le réglage précis des systèmes devient un facteur clé de performance.
Un bâtiment ne fonctionne pas de la même manière en hiver, en été ou en intersaison. Les besoins en chauffage, en rafraîchissement, en ventilation ou en gestion des apports solaires évoluent fortement selon les conditions climatiques et le taux d’occupation.
C’est pourquoi les tests saisonniers sont essentiels pour optimiser durablement les installations. Ils consistent à vérifier, en conditions réelles d’usage, que les équipements (CVC, traitement d’air, régulation, stores, etc.) réagissent correctement aux variations climatiques.
En période hivernale, on contrôle par exemple la capacité des systèmes de chauffage à maintenir le confort sans surconsommation. En été, l’attention se porte sur la performance du rafraîchissement, la gestion de l’humidité et l’efficacité des protections solaires. Les intersaisons sont également stratégiques pour ajuster les lois d’eau, les consignes de régulation et éviter les fonctionnements simultanés inutiles (chauffage et climatisation).
Ces tests permettent d’affiner les réglages initiaux réalisés lors de la mise au point dynamique et d’anticiper d’éventuelles dérives. Ils s’inscrivent pleinement dans une logique de suivi en exploitation, en lien avec les équipes techniques.
La mise au point ne peut être isolée du processus global de commissionnement.
L’agent de commissionnement intervient comme le bras droit de la maîtrise d’ouvrage et joue le rôle de garde-fou et de guide entre les différents acteurs à toutes les phases du projet.
En identifiant les risques de dérives, il contrôle, via des listes de vérifications, le bon choix et la bonne installation du matériel. En fin de chantier, il supervise les opérations de mise au point, synthétise les éléments dans le DOE et accompagne la transmission de l’installation à l’exploitant ainsi qu’aux occupants.
La relecture des documents s’appuie sur un tableau de synthèse des remarques permettant de suivre les réponses de la maîtrise d’œuvre et les décisions prises pour corriger les écarts le cas échéant.
Afin d’aboutir à un résultat conforme aux spécifications, la mission du commissionneur s’inscrit dans un processus continu, depuis les études jusqu’à l’attestation des performances et la mise en main auprès des usagers et des techniciens.
Des tests en phase d’exploitation, notamment saisonniers durant la première année, permettent de vérifier que l’ensemble des installations fonctionne correctement : il s’agit alors d’une mission de post-commissionnement. Cela permet d’assurer une exploitation optimisée du bâtiment dès le démarrage.
En cours de mission et au terme de celle-ci, l’agent de commissionnement mène des vérifications :
par échantillonnage ou de manière systématique si nécessaire,
par des mesures hydrauliques, aérauliques, électriques, réalisées avec des appareils appropriés.
Au-delà du commissionnement initial, le rétrocommissionnement permet d’optimiser des bâtiments existants dont les performances se sont dégradées au fil du temps.
Cette démarche s’effectue en lien étroit avec les équipes d’exploitation et les Energy Managers. Ces derniers analysent les données de consommation, identifient les écarts et alertent en cas de dérives. Ce suivi continu permet d’intervenir rapidement et d’éviter des surconsommations durables.
Les missions de rétro-commissionnement peuvent également prendre la forme d’interventions ponctuelles liées à des dysfonctionnements, des situations d’inconfort ou des dérives énergétiques. L’objectif est alors de préconiser des actions correctives sans ou à faible investissement.
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La mise au point des installations n’est pas une simple formalité technique. Elle conditionne :
le confort thermique et la qualité d’air des usagers,
la fiabilité des équipements,
la maîtrise des consommations énergétiques,
la performance environnementale globale du bâtiment.
Un bâtiment bien conçu mais mal réglé ne sera jamais performant. À l’inverse, une mise au point rigoureuse, encadrée par une démarche structurée de commissionnement et de suivi en exploitation, permet de transformer une conception théorique en performance réelle et mesurable, au bénéfice des usagers et de l’environnement.