Face à l’électrification croissante des usages, au développement des énergies renouvelables et à la nécessité de préserver l’équilibre du réseau, la flexibilité électrique s’impose comme l’un des nouveaux piliers de la transition énergétique. Longtemps considérée comme un sujet réservé aux industriels, elle ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives pour le secteur tertiaire. Et si demain vos bâtiments pouvaient non seulement consommer moins, mais aussi générer de la valeur en pilotant intelligemment leurs consommations ?
La flexibilité électrique, de quoi parle-t-on ?
Selon RTE, la flexibilité électrique correspond à la capacité des consommateurs ou producteurs à moduler volontairement leur consommation ou leur production d’électricité afin de contribuer à l’équilibre du système électrique. Cette flexibilité devient indispensable dans un contexte où la part des énergies renouvelables variables, notamment solaire et éolienne, ne cesse de croître dans le mix énergétique français.
Concrètement, un bâtiment flexible est capable de décaler, réduire ou adapter temporairement certains usages énergétiques sans dégrader le confort des occupants ni la continuité de service. Chauffage, climatisation, ventilation, éclairage, production d’eau chaude ou encore recharge de véhicules électriques constituent autant de leviers mobilisables.
Cette capacité d’adaptation présente un double intérêt : réduire les coûts énergétiques tout en participant à la stabilité du réseau électrique national.
Un potentiel considérable encore largement inexploité
Le secteur tertiaire représente aujourd’hui l’un des plus importants gisements de flexibilité en France. Pourtant, selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE), seulement 6 % des bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² sont équipés d’un système de pilotage énergétique permettant d’exploiter pleinement cette flexibilité.
Le paradoxe est frappant : la CRE estime que le déploiement généralisé de ces solutions pourrait mobiliser jusqu’à 6 GW de flexibilité lors des périodes de pointe électrique, soit l’équivalent de plusieurs réacteurs nucléaires ou de la consommation d’une grande métropole.
Pour RTE, Enedis et les acteurs de la filière, le bâtiment tertiaire constitue ainsi un levier majeur pour accompagner l’évolution du système électrique français et éviter des investissements plus coûteux dans de nouvelles capacités de production ou de réseau.
Flexibilité implicite et flexibilité explicite : deux approches complémentaires
La valorisation de la flexibilité peut prendre plusieurs formes.
La flexibilité implicite
Elle consiste à adapter ses consommations en fonction des signaux tarifaires du marché de l’électricité. Les tarifs dynamiques, les offres heures pleines/heures creuses élargies ou encore les signaux EcoWatt permettent d’inciter les gestionnaires de bâtiments à déplacer certains usages vers les périodes où l’électricité est la plus abondante et la moins coûteuse.
La flexibilité explicite ou effacement
L’effacement va plus loin. Il repose sur un engagement contractuel à réduire temporairement sa consommation lorsqu’un signal est envoyé par le réseau ou par un opérateur spécialisé, appelé agrégateur.
En contrepartie, le gestionnaire du bâtiment perçoit une rémunération liée à sa capacité à diminuer sa demande électrique pendant les périodes critiques. Cette logique transforme progressivement le bâtiment en acteur du système énergétique, capable de fournir un véritable service au réseau.
Dans les années à venir, cette source de revenus complémentaires pourrait devenir un élément à part entière des stratégies de performance énergétique des patrimoines tertiaires.
Le décret BACS : l’accélérateur de la flexibilité
L’un des principaux freins au développement de la flexibilité résidait jusqu’à présent dans l’absence d’outils de pilotage adaptés. Cette situation est en train d’évoluer avec le décret BACS.
Ce texte impose progressivement l’installation de systèmes d’automatisation et de contrôle des bâtiments (GTB/BACS) pour les bâtiments tertiaires équipés d’installations techniques supérieures à certains seuils de puissance. Les échéances s’échelonnent notamment entre 2025 et 2027 pour les bâtiments existants concernés.
Au-delà de la conformité réglementaire, ces systèmes constituent la brique technologique indispensable pour développer les usages de flexibilité :
- mesure en temps réel des consommations ;
- pilotage automatisé des équipements ;
- suivi des performances ;
- réaction à des signaux externes du réseau ;
- intégration de scénarios d’effacement.
Autrement dit, le décret BACS prépare dès aujourd’hui les bâtiments tertiaires à devenir flexibles demain.
Quel rôle pour AVELTYS ?
La flexibilité énergétique ne se résume pas à l’installation d’une GTB. Pour créer de la valeur, elle nécessite une approche globale associant exploitation, analyse des données, pilotage des équipements et accompagnement des occupants.
C’est précisément dans cette logique qu’intervient un gestionnaire d’exploitation performancielle comme AVELTYS.
Grâce à une connaissance fine des installations techniques et des usages réels des bâtiments, AVELTYS peut :
- identifier les gisements de flexibilité sans altérer le confort des occupants ;
- paramétrer des stratégies de pilotage adaptées ;
- optimiser les consommations en fonction des signaux énergétiques ;
- préparer les bâtiments aux dispositifs d’effacement ;
- accompagner la valorisation économique des flexibilités disponibles.
L’enjeu n’est plus uniquement de réduire les consommations énergétiques, mais également de consommer au bon moment et, demain, de transformer certaines capacités d’effacement en source de revenus.
Longtemps centrée sur l’efficacité énergétique, la gestion des bâtiments entre dans une nouvelle phase. À mesure que les réseaux électriques deviennent plus intelligents, la capacité à piloter les consommations devient un actif stratégique.
Le bâtiment tertiaire de demain ne sera plus seulement sobre. Il sera capable d’interagir avec le réseau, de moduler ses usages et de valoriser sa flexibilité.
La question n’est donc plus de savoir si cette évolution aura lieu, mais quand votre patrimoine sera prêt à en tirer parti.